Mad scientist

Aura-t-il le culot de m’inspirer ? Je parie mon annulaire gauche que la question qui me cause l’obsession d’une nuit frôlerait à peine ses neurones et se paralyserait nette au détour de la première synapse. Un scientifique comme je les dédaigne, méchant et même pas fier… ou peut-être pas assez. Incapable de voir dans la littérature plus qu’un mot qui sonne faux, point (Quoi qu’une telle ponctuation soit étrangère à l’algèbre et pervertie en géométrie). Et si même il lui arrive d’y penser considérablement sous la lame de mes menaces, il parvient à y desseller la contrainte du savoir, une épreuve de la Vie, le mal le moins nécessaire, une sale blague qui passe de travers, parolière des parolières du caprice et de l’oisiveté les plus excessifs, bref, (les scientifiques aiment être concis, je vous laisse donc déduire que ces tirades se sont faites loin des soins du monsieur) les mots ne servent à rien à ses yeux, pas même à résoudre une équation de premier degré, ce qui n’est pas tout à fait faux…
Le plus drôle dans l’histoire, c’est que je lui ai toujours trouvé une tronche d’écrivain, pouffez. Ni d’yeux d’azur aux nuances infinies ni de cheveux strictement fondus par la fameuse raie, mais juste un quelqu’un que je reconnaitrais parmi mille, même devant un kiosque improvisé sur le chemin entre la mosquée et la librairie en passant par la clinique, et ça ne passe pas sans le laisser incrédule… Et dire qu’il discutait journaux avec sa génitrice, le scientifique.
Tout de même, je n’irai pas jusqu’à lui en vouloir d’exceller quelque part où l’art est traité en étranger hostile, où la créativité humaine est réduite à nenni et où les émotions des plus fortes aux moins profondes sont formellement dépaysées. A supposer même que ce soit un crime de faire des sciences une ferveur passionnelle (je suis sûre que vous excuserez le paradoxe exorbitant), ce qui le déculpabilise à mes yeux, finalement, c’est que pour un parfait opposé, il se dévoue, assure et finit par m’arracher une révérence mêlée à des félicitations on ne peut plus méritées. S’il y a bien quelqu’un qui n’a jamais partagé la moindre affinité commune avec ma personne, c’est bien lui. Le parfait blanc à mon noir, le strict non à mon oui. Et pourtant… n’est-il pas miraculeux comme on s’entend ? Lui et ses principes qui prennent si bien la main aux miens, moi et ma manière de faire que la sienne course la confiance au cœur et le rire plein les yeux. Qu’il me fasse marrer et que je le fasse sourire, que complicité s’en mêle et que le reste fuse. Subtile comme l’hydrogène et complexe comme le nucléaire, je vois d’ici son minois virer au cramoisi pour tant de compliments. Il est vrai que j’ai perdu la délicate manie de jeter des fleurs aux bonnes gens, mais quand on est dans la certitude que la personne en question n’est pas prête de s’user les souliers à la recherche du boulevard, de la ruelle, de l’étage, du numéro de la destination du bouquet, on peut baigner dans la liberté d’envoyer et sans ménagement les mots des plus sincèrement exquis aux plus cyniquement taquins.
Scientifique au nez aquilin, va !
Vois-tu que ce n’est pas à toi que j’en veux, très cher, mais aux sciences qui bouclent l’esprit et mitraillent sa rébellion ? Une fois vu, à mettre de côté ma part d’égoïsme et à prier le Détenteur des destinées et des virées que tu fasses de ta vie l’emblème de ce que tu chéries le plus, et si les sciences mettent des pieds, des mains et des dents pour s’accrocher à ton obstination, il ne restera plus qu’à les envier pour une chance qu’elles ne réaliseront jamais. Finalement, et après tant de verbiage lyrique, prosaïque, machiavélique, nihiliste (…tendance oblige), la problématique reste la même ; M’inspirer ou ne pas m’inspirer, telle est la question !
Aahd~











Ne t’aurait-il pas inspiré, finalement….
Les paradoxes, il en faut pour que la Vie soit Vie, donc autant que l’Art et la Science soit deux, se méprisant mutuellement…Mais que leurs détenteurs se côtoient….car sans ça…Où ira le monde….
Pas bien loin, il est vrai =)