May summer begin…

Jamais été n’a été aussi chargé. Je ne dis pas « vacances » non seulement parce que j’ai infiniment de respect pour ce mot, mais aussi et surtout parce qu’avoir son bac, de nos jours, n’est plus suffisant pour jouir de vacances bien méritées… Des déplacements à ne plus compter (Supratour et l’ONCF n’ont plus de secret pour moi), des révisions à ne plus pouvoir se limer les ongles et une suspension dans le vide à donner le vertige à un oiseau. « Qui suis-je ? » était une question mystère, et « Je suis un 17 » ne la satisfaisait visiblement pas. Et c’est seulement là qu’on réalise que le bac s’est bien foutu de nos gueules d’intellos… Pire ! On a même payé le prix fort, plus au propre qu’au figuré, puisque T.Bien a troqué le VTT de mon caprice vieux de plusieurs années en une bicyclette… statique. Mr. Chaïbi a cru bien faire, je veux bien le croire, mais j’aurai besoin de temps pour lui pardonner… Qui a dit que « Le Bac est la clé du bonheur » que je le castre ?!

Allons, revenez, ce n’est qu’une façon de parler…

Révolu le temps glorieux de nos parents où cette simple attestation offrait aux caprices des bacheliers une palette de métiers de toutes les couleurs, locales comme étrangères. Retenez votre étonnement encore un peu, vous en aurez besoin après ce qui va suivre… J’invite donc un homme à entrer en scène ; je vous présente mon père. Lui qui avait vu s’interrompre sa formation sportive à cause des évènements politiques des années 70 et plus précisément des émeutes qui naquirent au sein du corps universitaire marocain, avait donc mis fin à ses études supérieures jusqu’à nouvel ordre. Papa, bien évidemment, ne fit rien pour accélérer les choses. La vie à la campagne lui sciait comme un gant, amoureux de la nature, rebelle et insouciant qu’il était. Mais s’il n’a pas bougé le petit doigt pour pousser les limites du destin, c’est le destin qui le poussa à accompagner son frère à l’Académie Militaire de Meknès. Il l’avait fait comme il aurait fait n’importe quelle autre banalité, du moment qu’il « n’avait rien à faire/perdre ». Toutefois, il ne soupçonnait pas une seconde qu’il aurait tout à y gagner… Une fois sur place, mon paternel fut emporté par le flot des étudiants et la portière se referma derrière lui sans lui laisser le temps d’avoir son mot à dire. Vint alors le temps de l’appel, et avant qu’il ne put réaliser où il se trouvait, son nom avait déjà rejoint celui des autres convoqués. « Vous n’avez rien à y laisser, mon fils. Venir jusqu’ici et ne pas passer ? Vous avez fait le plus difficile, voyons ! Les papiers ? Mais ils peuvent attendre, sapristi ! » Le sous-officier n’a certainement jamais utilisé « sapristi ! », ni aucune de ses semblables, peut-être même n’a-t-il vu aucune raison de s’étonner dans le fait de se présenter à un concours sans dossier préparé des mois à l’avance, sans préparation ou révision aucune, sans préalable volonté ou intention autre que celle d’accompagner un frère et changer d’air et de visages par la même occasion… C’est donc une exclamation ajoutée par mes propres soins au risque de corrompre le dixit… En tout cas, l’obstination du destin voulut que mon père fut admis, mais pas l’oncle.

« Ça peut attendre… » C’est toi qui attendra, et attendra longtemps, si bossage acharné, arrachage de cheveux intensif, mention Bien si pas T.Bien, dossiers exemplaires, préparation continue et patience démesurée ne sont pas ! Il y a donc de quoi être fier quand on voit s’afficher huitième, dans une liste de soixante-dix admis sur mille-sept-cent, un nom qui ressemble au votre. Mais alors, quelles sont les limites de sa fierté et son bonheur quant c’est de l’école de ses rêves les plus insensés qu’il est question ? Pour une fois qu’on a quelque chose en commun avec ces autres vagabonds de poètes… Oui, je suis heureuse. Mais il serait ingrat de m’arrêter là. Heureuse, très, mais infiniment reconnaissante, à Dieu puis à mes parents, car ma motivation n’a jamais été ma propre satisfaction, mais la leur. Et c’est celle-là même que j’espère ne jamais perdre, et c’est celle-là même qui me fera avancer plus loin que mes pas n’en décideront, et rien d’autre que celle-là même.

En attendant, les vacances peuvent commencer!

Aahd~

Pic : Behind Horizons by She Must Fly

~ par Aahd le Lundi, 4 août 2008.

3 réponses to “May summer begin…”

  1. C’est ma première visite chez toi! Tu sais, j’en sors avec une conviction et en même temps ca m’enlève d’un doute! Il y’en a qui encore méritent leurs Bac! J’en avais douté avant peu!

  2. les felicitations sont obligatoires :D
    tu as bcp de talent (je me permet de te tutoyer)…
    saches que l’ena est en meme temps un paradis terrestre et un enfer digne des pires descriptions d’homer, c’est selon la personne, les frequentations, les choix et la nature du nouvel admis, mais avec le tps tu auras plus d’amis que tu n’as jamais imaginé et plus d’histoire a raconter que tu n’en a ecrit sur ce blog, chaque jour est source d’inspiration…
    en tout cas soie la bienvenue

  3. Vivement!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.